Cabu. La rafle du Vel d’Hiv…

Les 16 et 17 juillet 1942, il y a 80 ans, la police française aux ordres du régime de Vichy dirigée par notre compatriote montalbanais René Bousquet (N’en déplaise aux biens pensants, notre bonne ville n’engendra pas que des héros et des martyrs…) se livra à Paris à la plus ignominieuse rafle des Juifs de la capitale, poussant le zèle jusqu’à dépasser les exigences de l’occupant nazi. Plus de 12000 personnes, hommes, femmes, enfants, vieillards ou malades furent arrêtés au petit matin et conduits au vélodrome d’hiver ou au camp de Drancy.

Dans l’euphorie de la Libération en 1944, l’internement et la déportation des Juifs, essentiellement étrangers tout comme la réalité des camps d’extermination se diluèrent dans la joie de la liberté retrouvée et le retour des rescapés. Il fallut attendre 1967 pour que paraisse le livre de Claude Lévy et Paul Tillard «  La grande rafle du Vel d’Hiv. » et que le magazine à sensation « Le Nouveau Candide » demande à Cabu d’illustrer les papiers consacré à cet ouvrage.

La tâche du dessinateur ne fut pas des plus faciles. Peu de témoins directs, des documents détruits ou inaccessibles, un vel d’hiv démoli… Cabu dut reconstituer le scénario et il y parvint à merveille. Le recueil des dessins complété par des textes explicatifs précis de Laurent Joly publié  par les Éditions Tallandier donne un aperçu du talent de celui qui nous fut enlevé un matin de janvier 2015…

Cabu, c’était Charlie et le Canard. Pour moi, c’était aussi ce personnage que j’avais rencontré un soir de 1974 à la sortie du centre de tri postal ou je travaillais, que j’avais véhiculé sur le porte-bagage de mon vélo, avec qui j’avais passé une soirée inoubliable avec mon complice Guy Courbières, tous les deux poursuivis pour « provocation de militaires à la désobéissance » par voix de presse illégale, dans la maison de mes parents autour d’une omelette rapide confectionnée par ma mère, et qui se concrétisa par un série de dessins plus réalistes que nature…

Cabu nous manque pour son trait inégalable, son sens de l’humour, sa modestie. Il restera éternellement « le grand Duduche », le frangin qu’on aimerait tous avoir…

Henri Cazales / Radio-Asso.

« Cabu. La rafle du Vel d’Hiv » dessins présentés par Laurent Joly. Avant propos de Véronique Cabut.

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