Hirak, saison 2…

Par les temps qui courent une bonne nouvelle s’apprécie. Les rues des villes algériennes retrouvent peu à peu l’animation joyeuse et la détermination farouche d’en finir avec un système corrompu et le pays veut vivre pour de bon son indépendance chèrement acquise et néanmoins volée depuis 1962.

Rien n’a changé avec le départ des vieux caciques. Les « nouveaux » venus, d’alertes septuagénaires, ont été nourris au sérail et on fait leurs armes sous la férule des anciens bureaucrates. Ils se prévalent toujours d’une « légitimité historique » et s’appuient sur l’armée, éternelle faiseuse de rois et briseuse d’espoir. La référence à la religion n’est pas absente non plus. Le sabre et le goupillon, une alliance historique qui maintient encore tant de peuples dans l’asservissement.

La force et l’efficacité du Hirak a résidé dans son horizontalité. Pas de chef, pas de leader, seule la puissance du nombre et la volonté de gagner. La solidarité spontanée, l’enthousiasme unanime nous ont secoué jusqu’au plus profond de nous même, nous, tant habitués à ces manifestations processionnaires dont on sort frustrés avec le sentiment d’avoir été manipulés par des arrivistes en quête de carrières confortables.

L’avenir de la lutte du peuple algérien nous interpelle et nous inquiète. Nous savons l’auto-organisation difficile à tenir dans le temps, et nous connaissons la capacité des charognards à récupérer les plus honnêtes combats. Nous pensons malgré tout que pour un réel changement de système, il faut pratiquer de réels changements dans la façon de lutter. L’ennemi attendait la violence de la rue, il a été déstabilisé par un mouvement pacifique. Cette stratégie a sauvé le pays du carnage et a montré la maturité des Algériens. Il n’en reste pas moins qu’une évolution à la birmane est toujours à craindre. Les généraux « propriétaires » du pays ont beaucoup à perdre de leur prébende, et les sentiments ne les étouffent pas. Les militaires sincères et attachés aux valeurs démocratiques, ils en existe nous le savons, se doivent de se manifester avant tout auprès des appelés, ces enfants du peuple, pour leur expliquer le risque qu’il y aurait de répondre à l’injonction de tirer sur leurs sœurs, leurs frères, leur rappeler qu’ils ne sont qu’une variante d’ajustement pour les dictateurs, que chair à canon, et que, alors que nous commémorons ces jours-ci le 150 ème anniversaire de la Commune de Paris, la fraternisation entre civils et soldats est aujourd’hui plus que nécessaire. Sans le refus des appelés du contingent français en 1961 de participer au putsch des généraux, l’avenir de nos pays en aurait été certainement bien différents.

Nous restons néanmoins confiants et nous partageons l’espoir. Nous sommes aussi là pour vous appuyer de nos maigres forces et nous faire l’écho de votre formidable Révolution…

Courage compagnes et compagnons !

Riton

06 03 2021

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